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Elections régionales et développement numérique

Cogeco Peer 1

décembre 07, 2015

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Pour les prétendants à la direction politique et économique des nouvelles régions, ces élections sont l’occasion de préciser leur vision en matière de numérique, un thème beaucoup moins vendeur que les discours sécuritaires et anti-immigration mais sûrement plus essentiel pour l’avenir des populations concernées.

Le club de réflexion Renaissance Numérique – lieu d’échanges et d’expertise qui veut éclairer citoyens et décideurs – a analysé les programmes disponibles en ligne du Parti Socialiste, du parti Les Républicains et du parti Front National. Il a extrait de cette étude une vingtaine de pourcentages qui indiquent – peut-être pour la première fois, précise le club – la mention du numérique comme outil de croissance économique, de sécurité, d’e-administration et de formation. Renaissance Numérique note néanmoins l’absence de propositions pour optimiser par la digitalisation et la réorganisation administrative des régions, notamment via l’open data.

Dans un premier temps, Renaissance Numérique note que les trois principales listes, toutes régions confondues, ont un site web de campagne, un compte Twitter ou Facebook, et que tous les programmes, à quelques variantes près, font référence au numérique dans leur texte propagandistes. 94% des programmes régionaux de ces trois partis sont disponibles en ligne et 83% des textes promettent le très haut débit sur tous les territoires dont ils briguent la direction. Ensuite, les choses se gâtent : 15% des propositions (PS, LR, FN confondus) font explicitement référence aux usages numériques au travers de seulement 448 mesures spécifiques sur un total de 2 490 propositions. C’est la région Bourgogne-Franche Comté qui affiche le nombre record de propositions numériques (25%), suivi par la Bretagne et Alsace Champagne Ardenne Lorraine (20%). Presque un tiers (28%) des candidats affirment vouloir employer le numérique pour développer l’économie et la croissance (usine du futur, French Tech, industrie 4.0, coworking, numérisation des procédures administratives…).

La numérisation par secteur

Plus précisément,

  • 26% envisagent de le faire pour la sécurité (vidéosurveillance),
  • 20% pour moderniser l’administration et la vie citoyenne (budgets participatifs, droit d’interpellation citoyen, e-administration, services publics personnalisés, open data pour les subventions et le budget),
  • 17% pour moderniser l’éducation et l’enseignement supérieur (lycées connectés et équipés, budget participatifs des lycées, lutte contre le cyber-harcèlement à l’école, formation au code, plate-forme d’orientation et de recensement des stages…).
  • L’agriculture, la pêche, la forêt et la montagne (culture de précision, modernisation des exploitations, formation des agriculteurs…) ne sont mentionnés qu’à 12% dans les programmes comme champs d’application du numérique, de même que la santé (télémédecine, maintien à domicile et accompagnement des seniors) et les transports (Wi-Fi dans les gares, information en temps réel, carte unique…).

Les parents pauvres

On tombe ensuite à

  • 10% des projets des candidats qui concerne l’emploi du numérique pour la solidarité et l’égalité des territoires (lutte contre les zones blanches, développement du télétravail, services publics numériques de proximité…),
  • 8% pour la culture, le tourisme et le sport (banques de données culturelles, digitalisation de la communication des acteurs culturels, crowd funding citoyen)
  • 3% seulement pour l’environnement (capteurs contre la pollution, smart grid, mise en réseau des entreprises et des citoyens, objets connectés…) ce qui est quand même étonnant en pleine COP21 et fait preuve d’une grave méconnaissance des potentiels technologiques dans ce type d’application.

Au final, Renaissance Numérique définit des taux de numérisation par « grands » partis, toujours sur la base des programmes de leurs candidats dans chaque région, qui classe le Parti Socialiste en tête avec 20%, suivi des républicains à 16% et du Front National à 11%.

La feuille de route du Syntec

De son côté, la Fédération Syntec qui représente 80 000 entreprises du numérique (910 000 salariés), a donné son avis sur ce que les élus régionaux devraient faire en matière de numérique comme l’attendent 54 % des Français interrogés courant octobre dans un sondage réalisé par Odoxa. Si l’enquête révèle qu’une petite majorité semble satisfaite par les actions menées par leur région, elle indique cependant que plus de la moitié attend des candidats des propositions concrètes, considérant que la croissance économique passe par la transformation numérique des industries.

Le Syntec indique que ses 9 recommandations sont de simples piqûres de rappel aux élus quant à l’urgence à numériser les régions.

  1. Renforcer l’écosystème économique par l’insertion des territoires dans les réseaux qui pérennisent le dynamisme du numérique autour d’acteurs locaux et nationaux, voire internationaux afin d’attirer plus d’entrepreneurs, de chercheurs et d’experts pour concevoir de nouvelles entreprises innovantes.
  2. Simplifier le financement des jeunes pousses par la mise en place d’un réseau d’information facilitant leur accès aux dispositifs afin d’accompagner leurs levées de fonds, et de les aider à mutualiser leurs forces. Une telle mesure peut, selon Syntec, augmenter de 30% le nombre de créations d’entreprises.
  3. Inclure les régions dans le plan Industrie du Futur (La Nouvelle France Industrielle) qui prévoit par la mise en place de plates-formes technologiques accessibles aux industriels, la promotion d’une quinzaine de projets emblématiques au niveau national, ou encore la sensibilisation de 15 000 entreprises aux enjeux de la transformation numérique.
  4. Déployer le numérique pour fournir de meilleurs services aux citoyens en simplifiant les démarches administratives par la dématérialisation des procédures, pour offrir de vrais e-services aux citoyens et aux entreprises.
  5. Mutualiser les ressources informatiques des collectivités locales en toute neutralité technologique.
  6. Miser sur le numérique dans les transports urbains et péri-urbains pour améliorer la qualité du service à de nombreux niveaux, comme l’information voyageur en temps réel, le calcul du temps de transport… le tout grâce aux outils tirant parti du big data.
  7. Développer les infrastructures par l’accélération de l’équipement en réseaux des territoires isolés, ainsi que la formation de leurs citoyens.
  8. Recruter des compétences pour mieux répondre aux besoins dans un domaine à évolution technologique rapide. Le Syntec propose d’élargir à tout le territoire une expérimentation pilote menée en Alsace avec Pôle Emploi pour drainer des talents numériques dont les régions ont besoin pour leur développement économique.
  9. Ouvrir de nouvelles filières de formation en créant des cursus propres aux métiers du numérique, en s’appuyant sur des dispositifs existants et en ciblant tout particulièrement les jeunes et les reconversions professionnelles.

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