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Le MIPIM consacre la ville connectée

Cogeco Peer 1

mars 24, 2015

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Le marché international des professionnels de l’immobilier (MIPIM) qui se déroulait à Cannes du 10 au 15 mars derniers a été l’occasion pour les participants de faire un point sur ce secteur d’activité qui reste porteur à l’échelle de la planète et sur les nouvelles technologies qui vont radicalement changer la gestion des villes et des immeubles.

 

Alors que tout le monde pleure sur le ralentissement dramatique de la construction en France, jamais autant de capitaux ne se sont, paraît-il, déversés sur le secteur, si l’on en croît les conclusions du dernier MIPIM. Cet afflux d’argent s’explique « par une sur-performance historique de l’investissement immobilier au regard des autres placements » d’après les professionnels. Cela entraîne une vive concurrence entre territoires pour attirer les financements sur des projets qui cherchent à se distinguer à grand renfort d’innovations. Cette dernière tendance a d’ailleurs marqué les participants du festival immobilier de Cannes qui se demandent désormais quels seront les impacts des nouvelles technologies sur l’industrie immobilière et comment des idées propulsées souvent par des startups risquent de chambouler le système établi et de modifier la répartition de la valeur.

 

La numérisation en marche

Les professionnels ont en effet le sentiment qu’il est en train de se passer quelque chose dans le domaine de la construction des immeubles, dans la gestion technique des bâtiments mais aussi plus largement au niveau des quartiers et des villes que l’on qualifie de plus en plus souvent de connectée. On parle ainsi de maquette numérique ou BIM (pour building information modeling) qui permet de faire tous les calculs du bâtiment et de ses équipements en une seule fois et de suivre l’un et les autres pendant toute leur durée d’existence. On met aussi en place la gestion numérique des flux pour optimiser le fonctionnement, énergétique notamment, des immeubles. Enfin, on planifie la ville connectée non seulement pour mieux ajuster l’offre et la demande en électricité – c’est ce qu’on appel le smart grid ou réseau électrique intelligent – mais également pour mieux répondre aux besoins des institutions, des entreprises et des citoyens.

 

L’essor des villes connectées

Le concept de ville connectée repose évidemment sur une forte densité de réseaux à haut débit fixes et mobiles mais également sur une collecte à grande échelle de données personnelles (mais anonymes et volontaires) liées aux déplacements ou autres actions effectuées par les habitants. Ces gros volumes d’informations ainsi collectées sont traités et analysés – c’est le concept de Big Data – pour en retirer des données susceptibles d’améliorer le fonctionnement de la ville, de ses habitations, de ses entreprises, de ses transports, bref de son fonctionnement au quotidien. Cette démarche vers le Big Data s’accompagne d’un autre mouvement dit « Open Data » qui consiste à mettre à disposition des bases de données publiques afin qu’entreprises et particuliers puissent en tirer avantage. A titre d’exemple, à New York, le recoupement des données des agences immobilières et de l’administration sur les logements inhabités a permis aux services municipaux de cibler ses actions de… dératisation. De même, le taux de sinistralité dû aux incendies a été fortement réduit grâce aux informations recueillies en amont et aux actions de prévention engagées.

 

D’importants enjeux économiques

Les villes connectées seront donc théoriquement plus vertueuses et plus agréables à vivre, puisque sources d’économies en tous genres. Elles seront également plus attractives pour les entreprises et les acteurs économiques tournés vers les nouvelles technologies. La seconde étude sur les villes intelligentes menée par m2ocity (une filiale de Veolia et Orange dédiée au relevage des compteurs par connexion radio) dénombrait l’an passé dans le monde près de 1 200 projets catalogués d’intelligents menés dans quelques 200 agglomérations. Dans ce recensement, 50 villes françaises ont été sélectionnés sur la base de 8 critères définissant des domaines d’action locale en faveur d’un développement urbain durable : vision stratégique de l’équipe municipale, cadre de vie, infrastructures télécom, maîtrise de l’énergie, gestion de l’eau, bâtiments intelligents, mobilité durable et gestion des déchets.

L’exemple d’Issy-les Moulineaux

Située en bord de Seine, voisine du 15ème arrondissement de Paris, la ville d’Issy-les-Moulineaux se situe à la 4ème place du classement des 50 villes françaises les plus intelligentes de l’étude m2ocity et dans les dix premières communautés numériques définies par l’Intelligent Community Forum. Sous l’impulsion de l’équipe municipale dirigée par André Santini, la ville s’est engagée depuis longtemps dans une politique privilégiant les équipements et les services numériques, notamment ceux liés à la vie administrative (portail et applications facilitant les démarches) et quotidienne (parking sur la voie publique, géolocalisation de lieux d’intérêt général, etc.). Dans plusieurs quartiers objets de programmes d’urbanisation dont le Fort d’Issy, des réseaux électriques intelligents (smart-grid) sont déployés. Ils associent immeubles tertiaires et d’habitation dans un écosystème énergétique vertueux.

Open data et développement

Plus récemment, la ville d’Issy s’est engagée, au travers de l’agglomération Grand-Paris Seine Ouest (GPSO), dans l’initiative Smart City +, une plate-forme collaborative et participative accueillant « de nombreux services et contenus géolocalisés, permettant à chacun d’interagir avec son écosystème local personnalisé ». Inscrit dans un contrat de développement territorial « Ville numérique, créative et durable », ce programme qui est aussi un démonstrateur pour le Grand Paris, concerne 500 000 usagers (habitants et travailleurs venant d’ailleurs), 25 000 entreprises dont 3 000 commerces et 166 000 emplois (dont 40% déjà dans le numérique). Issy est également impliquée dans plusieurs programmes européens dont Ecim (European Cloud Marketplace for Intelligent Mobility) et Open Transport Net qui visent à améliorer la mobilité urbaine par l’agrégation de différents services alimentés par l’opendata ; Citadel on the move dont le but est de créer des applications grâce aux données ouvertes ou encore Radical dont l’objet est d’améliorer les services numériques dans divers domaines (sécurité à vélo, gestion des produits verts, data-journalisme, urbanisme participatif, etc.).


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