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Passage à IPv6 : l’échéance approche

Cogeco Peer 1

février 03, 2012

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C’est inéluctable : le mode d’adressage d’Internet va irrémédiablement changer en 2012 après plusieurs années de réflexion puis de tests. Il faut désormais s’assurer que tous les partenaires de votre entreprise concernés par le problème sont fin prêts. Rappelons que cette évolution qui doit permettre de passer de la version 4 du Protocole Internet à la version 6 (IPv6) a pour objectif de définir un espace d’adressage – donc un nombre d’adresses – bien plus important que le mode antérieur. Techniquement, on passe d’un mode d’adressage en 32 bits à un autre en 128 bits qui permet de créer environ 667 millions de milliards d’adresses IP pour chaque mm2 de surface terrestre, contre seulement 4 milliards actuellement. Le but du jeu est de répondre à l’explosion de la demande induite par la multiplication des internautes mais aussi des objets communicants comme les smartphones, les tablettes mais aussi les machines qui, tous, ont besoin d’une adresse Internet pour se connecter et communiquer.

Le basculement vers IPv6 est en cours depuis déjà un long moment mais a pris beaucoup de retard. Un grand nombre d’équipements d’infrastructures réseaux – les routeurs d’adresses notamment – ont été changés ou mis à jour par évolution logicielle mais d’autres appareils devront suivre cette évolution s’ils veulent rester connectés à la fin d’une période de double adressage qui cessera bien un jour.

Un basculement en juin 2012

Pour préparer le grand basculement, l’Internet Society (ISOC, l’autorité morale et technique qui régit l’Internet) a organisé en juin dernier une journée mondiale de l’IPv6 durant laquelle des fournisseurs d’accès et les éditeurs de sites ont testés la technologie à grande échelle. Tous les grands acteurs internationaux ont participé effectivement à cette opération qui s’est soldée par des résultats positifs plutôt satisfaisants, peu d’utilisateurs d’Internet ayant été affectés par ce changement de mode d’adressage.

La prochaine étape est fixée au 6 juin de cette année, baptisée l’IPv6 Day, journée au cours de laquelle tous les plus gros sites de la planète mettront définitivement en ligne leurs infrastructures répondant au nouveau protocole sans cesser pour autant de reconnaître les adresses en Ipv4 pendant une période encore indéterminée.

En France, tout le monde semble prêt pour le grand passage. Interrogé en mars 2011 par la députée Laure de la Raudière (co-auteur du rapport sur la neutralité du Net) sur l’opportunité d’imposer une date butoire pour la mise en conformité des équipements, le gouvernement a répondu, par la voix du ministre de l’Industrie, « La plupart des opérateurs de réseaux de communications électroniques devraient être en mesure de déployer des adresses IPv6 courant 2012 et de gérer la courte période de pénurie en adresses (IPv4) grâce aux stocks dont ils disposent et aux solutions alternatives valables à court terme. » Autrement dit : le marché est suffisamment mature pour comprendre les enjeux et prendre ses dispositions.

Il est vrai que notre pays ne semble pas trop à la traine. Le grand réseau académique Renater, réservé au monde de la recherche, ainsi que ses homologues internationaux, sont opérationnels en IPv6 depuis 2002. Opérateurs et fournisseurs d’accès nationaux ont suivi comme Nerim (2003), Free (2007), la branche entreprise de SFR et Orange Business Services (2009), OVH SDSL (2011) ou NetBenefit (2011). Le grand public est lui aussi concerné et les principaux fournisseurs de services ADSL ont déjà basculé ou sont en passe de le faire, leurs « boxes » étant déjà conçues pour supporter IPv6.

Faire le « chek up » nécessaire

Mais pour être certain que le fournisseur d’accès ou l’infogérant de votre entreprise a pris toutes les précautions pour rendre accessibles vos sites Internet ou vos applications métiers en mode SaaS (disponibles sous forme de service Web via le Cloud de votre hébergeur) il faut le lui demander et exiger une confirmation écrite. Il faut aussi faire un audit technique des équipements en charge des connexions de votre entreprise, en particulier les routeurs qui gèrent les lignes Ethernet desservant les différents postes de travail et les autres équipements connectés. Si les systèmes d’exploitation de vos parcs d’ordinateurs sont récents et régulièrement mis à jour, il n’y aura pas de problème. Mais il faut aussi faire attention à tous les équipements de vos réseaux informatiques internes dont les « firmwares » nécessitent aussi des mises à jour régulières.

Ormis la disponibilité quasi illimitée de nouvelles d’adresse IP et la capacité à répondre à la multiplication effrénée des terminaux mobiles donnant accès au Web, IPv6 va apporter de nombreux avantages. En premier lieu, le nouveau protocole permet la mise en œuvre facile de mécanismes de reconfiguration et de renumérotation automatiques ; il prend aussi en charge nativement le protocole de sécurité Internet (IP sec) et la qualité de service (QoS). La simplification des en-têtes de paquets améliore également les problématiques de routage.

Les hébergeurs et prestataires de services informatiques déployant des offres Cloud ont généralement compris qu’ils avaient intérêt à déployer des équipements de commutation et de routage conformes aux spécifications d’IPv6 car leur préoccupation est avant tout de satisfaire aux exigences de leurs clients qui exercent leurs activités sur le web.

A noter : Pour en savoir plus sur IPv6, vous pouvez participer au V6 World qui se déroulera à Paris du 7 au 8 février 2012, au centre de conférence du Marriott Hôtel Paris Rive Gauche,17, boulevard Saint-Jacques.


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