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Téléchargement illégal : l’heure des arnaques

Cogeco Peer 1

juillet 27, 2012

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Le téléchargement illégal s’est un peu assagi depuis l’apparition d’organismes répressifs comme d’Hadopi. Ce qui n’empêche pas certains aigrefins d’agir en essayant d’extorquer de l’argent pour copie illégale.

Comment faire de l’argent avec le sentiment de culpabilité. Certains éditeurs de films à caractère pornographique dont on se demande s’ils n’ont pas en parallèle d’autres activités encore plus inavouables, ont trouvé le filon. Cela se passe aux Etats-Unis, ou la foi religieuse – vécue ou affichée – n’empêche pas la chair de succomber à la tentation par le biais insidieux d’Internet que d’aucuns n’hésitent pas à définir comme l’instrument du diable.

Partant du principe qu’un pêcheur lubrique sommeille finalement dans chaque grenouille de bénitier, des éditeurs pornographiques ont imaginé envoyer des emails péremptoires à d’honorables citoyens pour leur réclamer le paiement d’un film qu’ils auraient téléchargé via un site pair-à pair. Cette « requête » est évidemment formulée sous la menace à peine voilée d’une dénonciation au sein de l’entreprise ou du cercle familial.

En fait, les adresses IP des destinataires ciblés seraient collectées par la technique du Trolling qui permet de récupérer ces informations associées à des logiciels de téléchargement de type BitTorrent. Une fois les adresses IP collectées, les fournisseurs de contenus pornographiques déposent plainte contre X et somment les fournisseurs de services Internet de leur révéler les noms et adresses réelles correspondant aux données récupérées pour soi-disant les joindre au dossier.

En fait, les adresses récupérées servent à faire pression directement sur les personnes ciblées qui, se sentant fautives donc embarrassées par une éventuelle révélation, peuvent succomber selon de fortes probabilités à des demandes de règlement financier « à l’amiable » pour copie frauduleuse d’un fichier vidéo. L’affaire est révélée par le site web GamePolitics.com qui relate une plainte déposée en recours collectif (class action) par une plaignante américaine du nom de Jennifer Barker. Selon cette personne, des entreprises d’édition de films pornographiques – quatre américaines et une britannique – auraient mis en place un système d’identification et de harcèlement par téléphone pour réclamer aux « accusés » des sommes allant de 1 000 et 5 000 dollars afin de suspendre toute procédure. Ces démarches seraient effectuées sans que les plaignants-escrocs aient a priori la certitude que les personnes contactées ont pratiqué des téléchargements illicites. Mais si un « aveu » était obtenu au fil de la conversation, les demandeurs pouvaient renchérir en évoquant une peine, en cas de procès, pouvant aller jusqu’à 150 000 dollars de dommages et intérêts.

Des courriers impératifs

L’histoire ne dit pas si la démarche de Mme Barker, elle-même objet de harcèlement financier de la part des éditeurs de films pornos, a refroidi ces tentatives d’intimidation mais, selon la plaignante, plus de 200 000 personnes auraient déjà subi ce type d’extorsion avant qu’elle ne porte l’affaire en justice. Sa plainte en action collective, à laquelle peuvent donc se joindre des victimes de l’escroquerie, vise à obtenir des dommages et intérêts pour viol de la loi RICO qui porte sur le racket, la fraude, la diffamation et le stress émotionnel provoqué par des entreprises criminelles cherchant à s’enrichir indument. Pour sa part, l’industrie pornographique américaine se défend en indiquant qu’elle a été pionnière dans les services de vidéo à la demande et que de telles démarches visent seulement à enrayer le piratage de ses «œuvres».

Ce racket à l’intimidation n’est pas l’apanage des Etats-Unis puisque plusieurs sites Internet français relatent des mésaventures similaires. Des internautes dont certains admettent avoir déjà reçu un avertissement d’Hadopi sont destinataires de lettres recommandées émanant d’un pseudo cabinet d’avocats qui leur réclame le paiement d’une somme forfaitaire pour dédommager un ayant droit suite à un téléchargement illégal.

Les « victimes » les plus avisées conseillent bien évidemment aux autres de ne rien payer et de porter plainte, mais tous se posent la même question : comment les expéditeurs de ces lettres recommandées ont-ils récupéré les adresses IP puis les adresses postales de leurs cibles. Le courrier en recommandé indique d’ailleurs : « Notre client (un éditeur de films pornographiques) nous a remis un dossier dont il ressort que vous avez, sans autorisation, téléchargé et mis ce film à disposition de tiers sur un réseau « peer-to-peer ».

En effet, votre adresse IP a été identifiée grâce à un logiciel spécialement développé à cette fin par une société, mandatée par les titulaires des droits, spécialisée dans la lutte contre le piratage d’œuvres audiovisuelles ». Pour appuyer le sérieux de la démarche, la missive indique une date de collecte de l’adresse IP, le nom du fichier et le nom du film piraté. Précisons que seule, en France, la société nantaise TMG est autorisée à collecter les adresses IP pour le compte de certaines sociétés d’ayants droit.

Quelles précautions prendre

Devant ce genre de manœuvre, il ne faut pas se montrer naïf, même si par un hasard fortuit, il est advenu qu’un film à caractère osé ait été malencontreusement téléchargé sur votre disque dur à votre insu. Il est clair qu’un particulier peut difficilement se prémunir contre de telles manœuvres. Il faut les ignorer, les déclarer comme spam dans sa solution de sécurité et éventuellement transmettre ces emails litigieux au service de police auprès de qui la plainte a été déposée.

L’entreprise est plus armée contre ce genre de sollicitations frauduleuses car elle peut mettre en œuvre des solutions de filtrage de spam et d’antivirus plus conséquentes que les logiciels grand public. Elle peut même confier cette mission à son hébergeur qui mettra en œuvre des moyens plus importants et plus sophistiqués car mutualisés entre plusieurs clients. Un prestataire infogérant en charge d’une messagerie professionnelle pourra aussi assister ses clients dans la mise en place de règles de sécurité et de gestion des emails comme, par exemple, le filtrage par listes de noms d’expéditeurs.

En tout état de cause, les salariés doivent se souvenir que la fréquentation de sites Web inappropriés depuis son poste de travail laisse toujours des traces dans le système informatique mais aussi sur les serveurs visités. Cela peut avoir de fâcheuses conséquences.


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